En six jours, la bataille aura été intense entre les leaders. Contrairement au Qatar, chaque jour en Oman a permis d’assister à un spectacle intense, opposant certains des meilleurs coureurs au monde. Cette course a tenu toutes ses promesses, et même plus.
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Qui a dit qu’Oman était plat ? Certes, c’est un petit pays, dans le golfe persique. Mais dire cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de montagne. Les organisateurs du tour national le prouvent depuis deux ans. L’an dernier, Robert Gesink avait remporté la course en dominant l’étape de montagne, mais aussi, et c’est plus surprenant, en remportant le contre-la-montre. Cette année, pas de contre-la-montre. Tout devait donc se jouer au sommet de Green Mountain, au terme d’une ascension difficile, plus que de coutume. Une arrivée comme celle-ci serait la bienvenue sur les épreuves World Tour de mars, telles Paris-Nice ou Tirreno-Adriatico.

Un général qui ne se joue pas qu’en montagne

C’est d’ailleurs Vincenzo Nibali qui s’est imposé au sommet, sur la cinquième étape. avec dix secondes d’avance sur Peter Velits, mais surtout près de trente secondes sur Sandy Casar, troisième, et plus de trente secondes sur les deux poursuivants du coureur de la FDJ, Arnold Jeannesson et Tony Gallopin. Le neuvième de cette étape, Fabian Cancellara, pointe à plus d’une minute. Pour autant, a-t-il remporté le classement général ? Non.

Car les courses au Moyen-Orient, si elles ne s’illustrent pas par des finals très difficiles, avec des montées imposantes et des enchaînements de cols, sont plutôt connues pour le vent qui suit les coureurs tout au long des étapes. Cette année, il a permis à Peter Velits de s’en sortir et de passer en tête au classement général après Green Mountain. Tout s’est joué sur la quatrième étape. Alors que, jusque là, Nibali et Velits avaient toujours terminé dans la même seconde, l’italien, vainqueur de la Vuelta 2010 (qui était d’ailleurs la dernière victoire du Squale), prend la cinquantième place de l’étape, à 15 secondes du premier peloton. Ses dix secondes reprises à la régulière sur Velits au sommet, sur la cinquième étape, et les quatre secondes de bonification reprises ne suffisent pas. Nibali se retrouve à une seconde du slovaque. L’italien fait donc le sprint intermédiaire le lendemain, mais échoue à la quatrième place. Pour une place, il perd la seconde de bonification qui lui aurait permis de prendre le général. Devant, c’est…Peter Sagan qui prend la deuxième place. Le coéquipier du sicilien lui fait donc perdre le général. Pourquoi ? Sûrement pour le classement par points. Ou peut-être une mésentente ? Car Sagan est loin de Greipel, jusque là leader de ce classement. Pour la petite histoire, l’allemand de Lotto Belisol ne pourra pas disputer le sprint final, et laissera échapper ce maillot pour quelques points. Mais il en aurait été autant si Sagan avait laissé cette seconde de bonification à son coéquipier. L’affaire rappelle la Vuelta 2011, durant laquelle Nibali, voulant laisser la victoire à un de ses équipiers (ils étaient 4 Liquigas dans le groupe de 5 qui se jouait la victoire), avait failli laisser Pablo Lastras s’imposer. D’ailleurs, c’est finalement Sagan qui l’avait emporté.

Le sprint est roi en Oman

Mais Oman, c’est surtout le paradis des sprinteurs. Sur six étapes, cette édition en promettait cinq au spécialistes de l’emballage final. On a donc pu voir le retour en grâce d’André Greipel. Déjà vainqueur quatre fois cette année, en Australie, il a pu se frotter aux meilleurs en Oman. Résultat: Deux victoires. Les mauvaises langues pourront dire que Cavendish n’était pas au mieux, mais Greipel non plus. Privé du Tour du Qatar à cause d’une blessure, il est tombé malade à son retour en Europe, et n’était pas loin d’abandonner l’idée de participer au Tour d’Oman. Ces deux victoires montrent encore que Greipel peut prétendre à battre son ennemi de toujours, un certain champion du monde britannique.

Des espoirs toujours plus forts

Peter Sagan a donc fait la une en privant Vincenzo Nibali de la victoire finale. Mais le slovaque, prodige de seulement 22 ans, a été présent toute la semaine. Cinquième des première et troisième étapes, deuxième des quatrième et sixième, Peter Sagan a atteint le sommet sur la deuxième étape en réglant un groupe de huit coureurs et en prenant le maillot de leader. Cette victoire est la première pour lui en 2012, et elle en appelle d’autres. A 22 ans, voici la plus grande promesse du cyclisme mondial.

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Cependant, il n’est pas seul. Il suffit de penser à Marcel Kittel. Vainqueur près de vingt fois en 2011, l’allemand s’était montré en remportant une étape de l’Etoile de Bessèges. Devant une concurrence plutôt faible, il faut le dire. Mais, en Oman, l’histoire était tout autre. Toujours dans les meilleurs, Kittel a même réussi à remporter les troisième et sixième étapes, pour terminer troisième meilleur sprinteur, pas loin de Greipel et Sagan. La semaine de l’allemand, seulement 23 ans, est donc une réussite. Il est bien parti pour faire au moins aussi bien qu’en 2011.

Ces six étapes, organisées par ASO, peuvent donc permettre de tirer un bon bilan. Certes, les « meilleurs » ont gagné. Kittel et Greipel sont parmi les meilleurs sprinteurs du monde, et Nibali est un très bon grimpeur, deuxième du dernier Giro. Mais ils n’étaient pas favoris en Oman. Comme dit plus haut, Greipel se remettait doucement d’une blessure et d’un rhume, alors que Kittel n’était pas très en forme, comme le montre sa seule victoire d’étape en quatre possibilités à Bessèges. Nibali, lui, ne s’était jusque là pas vraiment montré, et semblait se préserver pour le Giro et la Vuelta. Fuglsang et Cavendish, favoris chacun dans sa spécialité, ont déçu. Les victoires des ténors sont donc des surprises.

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Tour d’Oman : Les non surprises en deviennent

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