Après le Tour de France 1979, les grands acteurs de cette édition se mettent, comme d’habitude, sur le marché des critériums. Zootemelk et Hinault, qui ont livré un duel de haute volée, sont les plus demandés. Mais Agostinho, troisième, a choisi une toute autre voie. 

Le portugais est plus fort que jamais. A 37 ans, il vient de terminer sur le podium de la Grande Boucle pour la deuxième année de suite. Surtout, il a remporté la mythique étape menant au sommet de l’Alpe d’Huez, devançant de plus de trois minutes les favoris Hinault et Zootemelk.

Logiquement, le portugais est très attendu. Pourtant, en cette période d’après-Tour, il se rend à Prayssac, à peine 2000 habitants, pour une course d’une soixantaine de kilomètres. Ils ne sont que trois professionnels au départ, dont deux débutants, et Agostinho l’emporte sans problème.

Mais ce qui choque dans cette participation, ce n’est pas tant le manque de concurrence que les moyens de la course. Il faut deux ans, par exemple, pour financer la course, et celle-ci ne se déroule par conséquent qu’une fois sur deux. Ces installations étaient rudimentaires et, parfois, précaires. Encore de nos jours, il arrive que des voitures soient situées sur le parcours, et que la course passe totalement inaperçue. Pourquoi donc Agostinho a-t-il pris le départ de cette course ? Sa prime, si elle a existé, devait être très faible, et un entraînement aurait sûrement été plus bénéfique au portugais.

Le mystère reste grand, et la question n’aura jamais de réponse certaine. Les plus anciens suiveurs de cyclisme du coin ont oublié cet évènement, le directeur de la course n’en a aucun souvenir, et le grand Joachim ne pourra malheureusement pas nous répondre. Tout ce qui sera dit ne sera donc que subjectif. Ce qui est sûr, c’est que, lors de cet après-Tour 1979, le plus grand coureur portugais de l’histoire a décidé de se rendre dans un trou paumé pour courir soixante kilomètres sans concurrence et à une allure proche des catégories de jeunes.

Quand Agostinho fait un Critérium…

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