En août 1969, le palmarès d’Eddy Merckx est déjà énorme. Lauréat à une reprise du Tour de France et du Giro, il a gagné quinze étapes de Grands Tours, trois Milan-San Remo, un Paris-Roubaix, un Tour des Flandres, un Liège-Bastogne-Liège et de nombreuses autres classiques ou courses d’une semaine. Ce palmarès qui serait déjà exceptionnel en fin de carrière, Merckx le possède alors qu’il vient de fêter ses 25 ans !

http://www.memoire-du-cyclisme.net/images/palmares/monsere_jean_pierre.jpgLe belge s’est donc forgé, en quatre ans de carrière, l’un des plus beaux palmarès de l’histoire du cyclisme. Le monde entier cherche un adversaire à sa hauteur, capable de briser l’hégémonie merckxienne, et, par la même, de stopper la monotonie du monde cycliste. Paradoxalement, c’est dans son propre camp que Merckx va trouver cet adversaire: Jean-Pierre Monseré.

Le wallon est déjà connu lorsqu’il passe professionnel, en septembre 1969. Champion de Belgique chez les amateurs en 1968, il vient de finir, deux semaines avant le passage chez les pros, deuxième des championnats du Monde, toujours chez les amateurs. Un mois passe pour lui, puis il remporte le Tour de Lombardie suite au déclassement pour dopage de Gerben Karstens. Tout va alors très vite, et Monseré devient, le 16 août 1970, champion du monde seniors, devant Mortensen, celui-là même qui l’avait privé de la consécration amateurs.

A seulement 22 ans, Monseré est déjà un crack. Le belge est un diamant brut qui ne demande qu’à s’affiner. Mais, depuis son titre, il s’est laissé entraîner dans une gloire facile, qui le voit parfois signer plusieurs contrats pour des critériums se déroulant en même temps. Impétueux, extraverti, parfois même arrogant, il séduit et énerve le monde de la petite reine. Le 15 mars 1971, il est au départ du Grand Prix de Retié, sans trop savoir pourquoi. Il a hésité à renoncer, mais est bien là. Comme sur tout critérium, la sécurité est proche de zéro. A une intersection, un automobiliste refuse la priorité aux participants et vient percuter Monseré de plein fouet. Le bilan est terrible, comme la chute: S’étant fracturé le crâne, le champion du Monde est mort sur le coup. Le cyclisme perd, pour la première fois, un champion du monde en activité, mais aussi l’un de ses plus beaux joyaux.


Monseré, la chute du champion

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