Le dernier week-end de février se tenaient les deux premières classiques pavées de cette saison: L’Omloop Het Niewsblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne, deux coureurs totalement différentes, aux profils opposés, se sont jouées. Les vainqueurs ne sont pas forcément ceux qu’on attendait, même si, en y regardant de plus près, la logique a été respectée.
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Omloop Het Niewsblad : Au sprint inversé 

Si on avait dit, avant la course, que Tom Boonen perdrait dans un sprint face à Sep Vanmarcke, très peu de monde aurait pu y croire. Sauf, peut-être, Thierry Adam. Pourtant, les conditions de course ont été presque parfaites pour Vanmarcke. A 23 ans, il est vu comme un futur grand flahute. Mais il faut pour cela se montrer. Pas facile à la Garmin. Deuxième de Gand-Wevelgem en 2010, encore chez Topsport Vlaanderen-Mercator, Vanmarcke s’était montré et avait obtenu un contrat chez Garmin. Pas forcément un bon choix, aux côtés de Thor Hushovd, Heinrich Haussler, Johan Vansumerren Martijn Maaskant, soit l’une des meilleurs équipes pour les flandriennes.

Vanmarcke a donc passé une année en tant qu’équipier, avant de pouvoir voir le départ de Thor Hushovd, le leader de l’équipe, pour la BMC. Le jeune belge était même le leader de Garmin sur l’Omloop. 200 km, beaucoup de pavés et de monts, un parcours qui devait convenir aux meilleurs seulement. Alors, bien sûr, si Sep Vanmarcke a battu Tom Boonen au sprint, c’est grâce aux tentatives incessantes de ce dernier, qui n’a cessé de vouloir lâcher les autres favoris, alors qu’il est sûrement le meilleur sprinteur du groupe…Mais, justement, la tactique n’est-elle pas un élément prépondérant du cyclisme, sans laquelle on ne peut rien gagner ?

Sep Vanmarcke a attaqué, au meilleur moment, alors que le groupe de tête ne comptait plus que cinq hommes. Seuls Boonen et Flecha ont suivi, et le plus ancien des deux belges, cramé par ses attaques, n’a pu faire mieux que deuxième. Quoi qu’il en soit, même si Vanmarcke n’aurait peut-être pas gagné sans les attaques de Boonen, il a lâché, sur cette course, Thor Hushovd, Philippe Gilbert, Sylvain Chavanel ou encore Matti Breschel, quatre hommes qui viseront, début avril, les podiums de classiques.

Kuurne-Bruxelles-Kuurne: Cavendish face aux autres 

 

Il y avait bon nombre de grands noms sur cette 60e édition de Kuurne-Bruxelles-Kuurne: Greipel, Farrar, Renshaw, Feillu…et bien sûr Cavendish. Tant de favoris que Cavendish faisait presque figure d’outsider, après son très mauvais Tour d’Oman. Mais il s’est imposé. Grâce à un excellent train, une équipe qui a roulé pour lui sur les 50 derniers kilomètres, et aussi à un sprinteur extraordinaire, l’un des meilleurs de l’histoire.

Car, si Cavendish a « bien sûr » profité d’un train supérieur aux autres, il a tout de même lancé son sprint de très loin, avant la plupart des sprinteurs. Mais personne n’aura jamais réussi à le dépasser, et, malgré les côtes et les secteurs pavés du parcours, qui l’ont fait souffrir, le sprinteur de l’Ile de Man lève les bras pour la troisième fois de la saison. Les autres favoris, eux, ont craqué. Boonen, qui a encore attaqué à tout va, n’a pas fait le sprint, et Greipel n’a pris que la 10e place. Renshaw et Farrar (15e et 18e) montrent encore une fois qu’ils ne sont pas au niveau, et Romain Feillu, lui, a emmené Kenny Van Hummel, troisième.

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Après ces deux courses, Mark Cavendish semble plus près que jamais d’un second sacre sur Milan-San Remo, alors que Sep Vanmarcke tape à la porte des leaders de Garmin sur les pavés, et pourquoi pas au sprint.

Classiques belges : ça commence !

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