L’année 2012 est en partie marqué par le retour d’Alejandro Valverde après un an et demi de suspension. L’esprit revanchard, prêt à en découdre, il n’aura pas tardé à s’imposer puisqu’il gagne rapidement lorsque de l’ascension vers Willunga Hill. Pour ses fans, ce moment ne fût qu’un des nombreux qui ont parsemé cette saison que l’on peut d’ores et déjà qualifier de folie. Un véritable ascenseur émotionnel.

Un début de saison tonitruant
Valverde a donc frappé d’entrée. Gagner à Willunga n’est pas son seul fait d’armes en ce début de saison. Il finit ex-aequo avec Gerrans au général du Tour Down Under. De retour sur le vieux continent il s’impose sur l’étape reine de la Ruta Del Sol, remporant aussi le classement général. C’est gonflé à bloc qu’il arrive sur le Paris-Nice. Là aussi, il n’aura pas fallu longtemps. Une arrivée en côte, une victoire (Lac de Vassivière). Qui dit mieux ? Quelques accessits récoltés au passage, comme une 2e place à Mende ou une 3e place au général final.

Un Valverde que l’on ne reconnaît pas, que l’on ne reconnaît plus
La suite s’annonce donc très belle. Et pourtant, il n’en aura rien été. Une chute en Catalogne couplée à un virus contracté sur le Paris Nice ruinent sa campagne de classiques ardennaises qu’il traverse en fantôme. Le doute s’installe. On ne sait pas s’il a bénéficié d’une grande forme en fin de saison, ou s’il perdu de sa superbe d’avant-suspension…

Tour de Suisse, Tour de France, un été contrasté
Le Tour de France approche, et cette fois ci, Valverde ne prend pas part au Dauphiné, comme pour rompre avec la tradition, comme pour éviter de trop se dépenser sur une course qu’il aime trop et qui pourrait lui faire perdre le Tour de France. Résultat, une 9e place au général du Tour de Suisse en ayant bossé pour Costa qui récupère les lauriers de la 1ère place. Même s’il a été bon, Valverde n’a pas non plus été excellent. A quelques jours du Tour, on ne connaît pas son niveau en haute montagne, ni son niveau en contre la montre. Tout passe alors dans la tête des fans. La peur et le doute s’installent au départ du Tour.

Un Tour qui commence pas trop mal avec une 6e place à Seraing. C’est tout. Une série noire va s’installer, et va causer une perte de niveau logique. Au menu, un tout droit à Boulogne, deux chutes en trois jours et un retard de 6minutes. Le seul moment marquant restera sa magnifique victoire à Peyragudes, qui va le relancer mentalement.

La Vuelta, son choix, le bon choix !
Que faire alors ? Il sort d’un Tour de France désastreux au cours duquel il n’a rien prouvé. Le seul « bon point » réside dans sa fraîcheur, plus marquante que prévue, à tel point qu’Eusebio Unzue son directeur sportif en fera part dans les médias. Faire la Vuelta s’impose rapidement comme une évidence au yeux de la Balaverde. Et bien lui en a pris ! C’est un nouveau Valverde, ou plutôt le vrai Valverde que nous avons vu au cours de ces trois dernières semaines. Vainqueur à deux reprises, il a su montrer qu’il était toujours aussi bon au sprint, devançant Purito chaque fois qu’ils ont sprinté pour la gagne (Arrate, Andorre). Il a aussi montré des grandes aptitudes en montagne. Ses jambes répondent, mais son cerveau aussi. Ainsi, il n’a jamais cédé au chant des sirènes, préférant monter au train plutôt que de suivres le duo Contador/Purito. Le cerveau, il l’aura aussi fait marcher lors du désormais renommé « coup de Fuente Dè » orchestré par Contador. Car si ce dernier a mis le feu aux poudres, Valverde a pour sa part su réagir de façon réfléchie, déposant Purito et se rapprochant à 6s de Contador sur la ligne. Une chose est sûre, sa Vuelta, il l’a déja bien remplie.

Quelle suite à tout ça ?
Si Gilbert s’affirme comme un potentiel vainqueur du mondial, Valverde fait, et je me demande comment, beaucoup moins de bruit. Et pourtant, il possède toutes les facultés pour jouer la gagne vers le Cauberg. Alors, quand on voit tout cela, les fans y croient, il faudra compter sur lui.

Nul doute qu’un maillot irisé sur les épaules parachèverait une saison forte en sensations. Ce serait sans doute sa plus belle année. N’en déplaisent à certains.

Valverde, la meilleure année ?

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