Euskaltel Euskadi existe depuis 1994, et a gardé sa politique spécifique: N’engager que des coureurs basques. Certaines exceptions sont bien sûr apparues, parmi lesquelles le vénézuélien Unai Etxebarria ou, plus récemment, la grande star de l’équipe, l’asturien Samuel Sanchez. En 19 ans d’existence, donc, Euskaltel Euskadi a remporté des courses partout en Europe, dont plusieurs grandes classiques, et même les Jeux Olympiques. Pourtant, paradoxalement, ils n’ont gagné qu’une fois chez eux, sur le Tour du Pays Basque. Une seule victoire en presque deux décennies, et plein de places d’honneur. Cette année, ils voulaient gagner, ils ne pouvaient pas vivre sans ça.

Une victoire, en 2003, avec Iban Mayo. Huit autres podiums: Quatre deuxièmes places et quatre troisièmes. La course d’Euskaltel Euskadi est peut-être celle qui leur réussit le moins, celle sur laquelle les centièmes et les secondes les font perdre le plus souvent. Samuel Sanchez est probablement le mieux placé pour le savoir. Huit fois dans le top 10 en douze ans de carrière, trois fois sur la dernière marche du podium, il sait que cette course est très importante pour son équipe. Ca tombe bien, puisqu’il était le grand favori de cette édition 2012, avec Joaquin Rodriguez. Cette semaine aura été agitée, serrée, et forte en intensité.

Les sprinteurs ont failli à leur tâche

Après deux paragraphes passés à parler d’Euskaltel, vous vous doutez bien qu’aborder la question des sprints va les faire disparaître. Trois étapes pouvaient leur revenir: La première, la deuxième et la cinquième. Le premier jour, après l’abandon de Valverde, c’est son équipier José Joaquin Rojas qui s’en tire le mieux, et s’impose une première fois cette année. Le lendemain, alors que l’étape peut encore leur revenir, Daryl Impey fait le kilomètre et va au bout pour s’offrir une première victoire depuis le Tour du Maroc 2011. Hier, sur l’avant-dernière étape, les sprinteurs étaient remontés et prêts à jouer la gagne, mais personne n’avait prévu le petit raidard final. Aucun pur sprinteur ne terminait là dans les vingt premiers.

 

Valverde inquiétant

Il avait déjà abandonné dès la troisième étape du Tour de Catalogne. Le revenant Alejandro Valverde, de retour de suspension, a dû renoncer en dernière minute à participer au Tour du Pays Basque. Il voulait du repos. Après trois semaines sans compétition, deux abandons à cause d’une chute sur le Tour de Catalogne, Valverde a rassuré en annonçant son retour sur la Klasika Primavera, qui se jouera le 8 avril, soit demain. Vainqueur trois fois de la course espagnole, il voudra devenir seul recordman de l’épreuve avec quatre trophées.

 

Purito et Sanchez: On prend tout !

Le premier a remporté les 3e et 4e étapes. Le second, lui, a levé les bras sur la 3e étape et a remporté le chrono final, ainsi que le classement général. Purito est d’ailleurs son dauphin à ce classement. Les deux espagnols visaient la victoire au général, et pouvaient encore tous les deux jouer la victoire le dernier jour. Ce sont d’ailleurs ces deux-là qui ont été les plus impressionnants sur ces 18 derniers kilomètres. Un effort solitaire différent de ce que l’on peut voir d’habitude. Plus escarpé et favorisant moins les rouleurs. La preuve: Rodriguez, qui perdait encore il y a deux ans près d’une minute par dix kilomètres sur son tour national, a pris la sixième place de l’étape. 22 secondes devant lui, pour la gagne, on voyait arriver Samuel Sanchez. Le champion olympique reprenait pour douze secondes la première place du général, et remportait un premier Tour du Pays Basque ! Incroyable victoire pour Euskaltel, neuf ans après leur dernière et leur seule titre chez eux. Une superbe et étonnante semaine, avec deux étapes et le général. Et dire que cette équipe n’est même pas sûre d’aller au-delà de cette saison.

Une juste récompense

Avec ce Tour du Pays Basque, Samuel Sanchez a enfin gagné une grande course par étapes. A 34 ans, le champion olympique et multiple vainqueur d’étapes sur les Grands Tours impressionne. Deuxième, la semaine dernière, du Tour de Catalogne à cause d’un peloton qui avait laissé partir Michael Albasini, il s’est vengé sur les terres d’Euskaltel. L’équipe qui n’a toujours pas de sponsor pour 2013 est en train d’assurer un nombre de points suffisants pour rester en World Tour, si elle retrouve un repreneur. Et les ardennaises arrivent, courses grandement appréciées par Sanchez. Sous une pluie lourde et gênante, et grâce à un parcours qui lui convenait, Sanchez a réalisé, le dernier jour, le doublé étape-général. Il en est à présent à sept étapes sur ce Tour du Pays Basque, dont quatre ces trois dernières années. Décidément, l’espagnol se bonifie avec les ans. En février, il nous déclarait vouloir réussir sur cette course: « Pendant la première partie de saison, l’objectif sera le Tour du Pays Basque. Je suis monté sur le podium à trois reprises, j’ai gagné des étapes, mais la victoire finale me résiste ». Ce n’est maintenant plus le cas.

Quelques bonnes surprises…mais aussi des mauvaises !

On va commencer par ceux qui ont fait mieux que ce qu’on attendait d’eux. Jean-Christophe Péraud, septième du général, a toujours tenu pour s’offrir un nouveau top 10 sur une course par étapes World Tour. Mollema et Nordhaug, troisième et sixième du général, sont sortis de l’anonymat qui était celui que leur octroyait leur statut d’équipiers. Kiserlovski, dans les dix du Tour de Catalogne et de Paris-Nice, a pris cette fois-ci la onzième place. Troisième avant le contre-la-montre, le croate a craqué le dernier jour, mais continue de vivre la plus belle saison de sa carrière. Même chose pour Henao, que personne n’attendait et qui prend la treizième place, malgré un contre-la-montre totalement raté. Cameron Meyer ou Moreno Moser, tous deux dans les dix du chrono, et Impey, vainqueur cette semaine, closent notre bilan des surprises positives.

On passe aux mauvaises. Et il y en a. Tony Martin, que l’on attendait à la lutte pour le podium, voire mieux, n’a même pas gagné le chrono. Troisième de cette ultime étape, il n’a pris que la cinquième place du général, Horner, vainqueur en 2010, deuxième l’an dernier, n’a lui jamais réellement tenu ces trois derniers jours, et termine à une anonyme neuvième place. Van Den Broeck, Hesjedal et Danielson, malgré un chrono qui aurait pu leur convenir, ne terminent pas, eux, dans les dix premiers.

Le top 10 du général :

1. Samuel SANCHEZ GONZALEZ Euskaltel – Euskadi 20h58’15 »
2. Joaquin RODRIGUEZ OLIVER Katusha Team +12′
3. Bauke MOLLEMA Rabobank Cycling Team +42′
4. Damiano CUNEGO Lampre – ISD +47′
5. Tony MARTIN Omega Pharma – Quick Step +54′
6. Lars Petter NORDHAUG Sky Pro Cycling +1’06 »
7. Jean Christophe PERAUD Ag2r – La Mondiale +1’07 »
8. Michele SCARPONI Lampre – ISD +1’19 »
9. Christopher HORNER Radioshack – Nissan – Trek +1’27 »
10. Simon SPILAK Katusha Team +1’29 »


Tour du Pays Basque : Quand l’histoire se réécrit…

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