Simon Clarke est décidément à la mode en ce début de saison. Après avoir été choisi avec Gerrans pour présenter le nouveau maillot de l’équipe masculine d’Orica – GreenEDGE il a reçu dans un interview accordé par ce même Gerrans au journal australien TheAge l’assurance que le vainqueur d’étapes sur les trois grands-tours était près à se mettre à son service, et ce dès les Championnats Australiens. Récompense méritée pour ce bosseur fou qui est depuis 2009 et ses débuts professionnels l’un des meilleurs équipiers du peloton et l’un des moins médiatisés. Un homme de l’ombre qui va cette saison pouvoir évoluer en pleine lumière …

C’est sous le maillot de l’équipe d’Australie (ici sur le Down Under) qu’il fera ses premiers résultats

Simon Clarke n’arrive pas de nulle part. Né à Melbourne le 18 juillet 1986, il intègre durant sa scolarité l’AIS (Australian Institute of Sports), une sorte d’école pour sportifs d’élites. Passant rapidement sur la piste comme la plupart des aussie il devient en 2004 champion du monde de la poursuite par équipes avec un certain… Matthew Goss. Dès l’année suivante il décide de passer à la route. Il réalise deux très bonnes saisons avant de se faire remarquer en 2007, l’année du déclic. Engagé avec l’équipe d’Australie sur le Down Under il réaliste tout d’abord un exploit sur la classique d’ouverture, terminant troisième d’un critérium remporté par Renshaw mais finissant devant McEwen, Cooke ou encore O’Grady ou Davis. Il continue sur sa bonne lancée en finissant 10ème du général du seul Tour par étapes australien, remportant du même coup le classement de meilleur jeune. Durant la saison il finira également 3ème du GP Palio del Recioto et du GP Liberazione. Plutôt sprinteur il va alors commencer à exploiter ses qualités de puncheur.

Première équipe pro pour Clarke, pas aussi amicale que prévu

Alors agé de 22 ans il signe en 2008 son premier contrat professionel avec l’équipe continentale pro saint-marinoise Amica Chips-Knauf. Il fera à nouveau un très bon début de saison remportant notamment son championnat national des moins de 23 ans, 1 étape du Tour du Japon ou encore le GP Vendiamo. Malheureusement l’aventure tournera court, l’UCI suspendra son équipe pour n’avoir pas payé ses coureurs. Le jeune Clarke attendra donc 2009 pour rejoindre une nouvelle équipe italophone… la ISD (ex-Vini Fantini). Comme à son habitude il ne décevra pas son équipe en amenant des résultats, notamment une 8ème place au Trofeo Laigueglia et une 10ème au Tour de Grande Bretagne. A la fin de l’année il est sélectionné par sa fédération pour le mondial sur route et est l’une des pièces maîtresses dans la victoire de son leader Cadel Evans, en effectuant un énorme travail dans les derniers kilomètres. Il restera dans l’équipe italienne jusqu’en 2011 avant de faire le grand saut en World Tour en débarquant chez Astana. Et l’histoire se répétera l’australien accrochant notamment la 7ème place de la Vattenfall Cyclassics et la 11ème du GP du Québec.

Meilleur grimpeur de la Vuelta, un résultat inattendu mais mérité

Et c’est la bonne nouvelle ! Alors qu’il évolue plutôt comme équipier il retrouve ses « potes » australiens lorsque l’Australie se dote de sa première équipe professionnelle sur route : Orica. Des coureurs qui ne se prennent pas la tête et qui se la jouent fun, c’est tout ce qu’il lui fallait pour exploser sur deux saisons. Equipier durant la majorité des courses, il est à chaque fois indispensable dès que la route grimpe un peu (notamment sur les Ardennaises). Puis l’australien se révèle au monde en 2012 en remportant la 4ème étape de la Vuelta (pour sa première participation à un GT) en faisant parler ses qualités de sprinteurs pour devancer l’autre rescapé de l’échappée du jour, Tony Martin, avant de fêter à Madrid un passage sur le podium final puisqu’il ramène un maillot de meilleur grimpeur dans sa valise. On commence alors à le regarder différemment et il va prouver définitivement qu’il n’est pas n’importe qui. Après avoir aidé Gerrans a remporter l’étape du Tour qui manquait aux OGE, puis le TTT et défendu le maillot jaune de Gerrans puis Impey il continuera sa saison en finissant à la 7ème place des mondiaux sur route battu au sprint par l’intenable Sagan.

7ème de CM déments, il ne sera battu au sprint que par un Sagan frustré

C’est donc un nouveau Clarke qu’on va trouver dans le peloton 2014. Plus sûr de lui, plus fort aussi, il est maintenant respecté et commence à se faire connaître. Gerrans l’avoue, son équipier loyal le dépassera bientôt. Et cela pourrait déjà commencer dès les championnats du monde et le Down Under. Car outre qu’il ait obtenu un sésame pour son tour national, énorme gage de confiance de ses DS, une situation de course défavorable à son leader pourrait le placer pour la première fois dans la peau d’un leader. Il serait alors intéressant de voir comment il se débrouillera. Et c’est pour ça que la prochaine saison sera cruciale pour le puncheur-sprinteur, maintenant qu’il va atteindre sa maturité cycliste et qu’après avoir été équipier si longtemps il est maintenant devenu l’image de son équipe. Gageons qu’on le reverra souvent cette saison …

Article écrit par Le Suisse

Simon Clarke, la naissance d’un puncheur

Laisser un commentaire