À l’aube de la saison 2015, passons en revue ce qui changera en 2015 par rapport à 2014 dans le monde du cyclisme.

Les « vieux »

À 43 ans et après un record du monde de l’heure en poche (battu depuis par Matthias Brandle), Jens Voigt s’est décidé en cette fin d’année à mettre un terme à sa longue carrière, après 17 ans de bons et loyaux services dans le peloton. Désormais, l’allemand ne pourra plus sortir sa phrase fétiche « Shut up legs ! » dans le peloton, et sa bonne humeur risque de bien manquer au monde du cyclisme.
Dans le même registre, Christophe Le Mével, Sébastien Hinault, David Millar, Thor Hushovd ou encore Thomas Lovkvist prennent également leur retraite en cette année 2014. Cadel Evans va lui poursuivre jusqu’en février pour raccrocher le vélo après sa course (Cadel Evans Great Ocean Road Race) qui aura lieu le 1er février prochain. A 41 ans, Chris Horner n’a lui pas encore envie de raccrocher. Le vainqueur de la Vuelta 2013 va toutefois quitter le circuit européen et rentrer au pays. En effet, sans contrat après la fin de son bail chez Lampe-Merida, Horner a trouvé refuge dans la formation Airgas pour l’année prochaine.

En dehors des coureurs, deux personnages marquants du cyclisme viennent également de prendre leur retraite en cette fin d’année. Daniel Mangeas, après 40 ans passés au micro de speaker du Tour de France, a décidé de prendre sa retraite, ce qui ne l’empêchera pas de reprendre du service pour quelques courses, comme pour la Polynormande, qui se déroule dans son village, à Saint-Martin-de-Landelles. L’allemand Didi Senft va lui aussi prendre sa retraite, et si le nom ne vous dit rien, c’est parce qu’il est plus connu sous le nom d’El Diablo. On ne verra donc plus ce diable de spectateur bondir, son trident à la main, au bord de la route lorsque les coureurs passeront.
Pour finir ce tour de revue des néo-retraités, citons également Jean-François Pescheux, qui laisse depuis cet été son poste de directeur du Tour à Thierry Gouvenou.

El Diablo (ici lors du Tour de France 2011) ne brandira désormais plus son fameux trident auprès des coureurs

Le Tour de Pékin

Lancé en 2011, le Tour de Pékin n’aura, en quatre ans d’existence, guère satisfait le monde du cyclisme. L’UCI espérait lancer le cyclisme en Chine avec cette épreuve estampillée World Tour des sa création. Mais c’est plutôt un flop que l’on peut constater quatre ans après, et les conditions climatiques (air trop pollué) y sont certainement aussi pour quelque chose. Brian Cookson, à la tête de l’UCI depuis un an désormais, a décidé que le Tour de Pékin n’avait plus sa place en World Tour ; par conséquent, la course chinoise s’arrête après seulement quatre éditions.

Le maillot arc-en-ciel lors des chronos

Après quatre ans de règne sur la discipline (entrecoupés d’une défaite aux JO de Londres dans l’exercice chronométré face à Wiggins), Tony Martin a rendu sa couronne de meilleur rouleur du monde à Ponferrada. Dans l’équipe Omega Pharma – Quick Step (qui d’ailleurs devient Etixx-Quick Step), ce sont même les deux titres qui sont perdus puisque la BMC a ravi le titre à l’équipe belge en Espagne. Peter Velits, transfuge de l’hiver dernier entre les deux formations, se retrouve ainsi le seul couleur comptabilisant les trois titre d’affilée (deux chez OPQS, un chez BMC).

Tony Martin n’est plus le champion du Monde du contre-la-montre, Bradley Wiggins lui a ravi le titre cette année à Ponferrada

Les contre-la-montre sur le Tour de France

Amaury Sports Organisation, le propriétaire du Tour de France, s’est certainement aperçu que les français les plus performants sur les Grands Tours (Pinot, Rolland, Bardet), n’excellent pas en contre-la-montre, exception faite de Jean-Christophe Péraud.
Alors qu’en 2014 il n’y avait qu’un seul contre-la-montre au programme, ce sera pareil l’an prochain, mais la distance passe de 52km (l’avant-dernier jour) à 14 (le premier jour). Cela aurait certainement plu à Andy Schleck également, mais le luxembourgeois, qui n’était que l’ombre de lui-même depuis le Tour de France 2011, a pris sa retraite il y a quelques mois.
Christopher Froome a d’ailleurs un temps émis des doutes quant à sa participation au Tour de France, tandis que le Giro présente 78 kilomètres de contre-la-montre (avec un contre-la-montre individuel de 59 kilomètres). Mais le britannique a quand même annoncé qu’il serait bel et bien au départ du prochain Tour de France à Utrecht, pour tenter d’aller glaner un deuxième titre après celui acquis en 2013.

Les transferts de l’hiver

Avec la fusion de Garmin et Cannondale, Peter Sagan a lui préféré changer rejoindre une nouvelle formation (comme Elia Viviani qui rejoint la Sky). Un temps annoncé dans l’équipe de Fernando Alonso (un projet mort-né pour la deuxième année consécutive), le prodige slovaque a finalement signé chez Tinkoff-Saxo, où son petit grain de folie devrait concorder avec celui d’Oleg Tinkov, et où il trouvera un vrai maillot de champion national. Pour compenser l’important salaire de Sagan, Bjarne Riis a dû se séparer d’un des lieutenants d’Alberto Contador en montagne, Nicolas Roche, qui rejoint le camp adverse, en signant chez Sky auprès de Christopher Froome. Sky, justement, va perdre un de ses coureurs importants en la présence d’Edvald Boasson Hagen qui va, comme Tyler Farrar, Theo Bos, Matthew Goss et Reinhardt Janse Van Rensburg, tenter de se relancer dans l’équipe MTN-Qhubeka. La formation sud-africaine affiche ses intentions de grandir, mais avec six voire sept sprinters de bon niveau (rajoutez aux cinq précédents Gerald Ciolek et Kristian Sbaragli), ils risquent de quelque peu se marcher sur les pieds.

Peter Sagan est l’acteur du principal transfert de l’hiver : le slovaque quitte Cannondale pour rejoindre Tinkoff-Saxo auprès d’Alberto Contador et Rafal Majka

Une autre équipe a opéré un recrutement relativement conséquent pendant l’intersaison : Astana. Avec notamment Lars Boom, Luis Leon Sanchez et Rein Taaramae, l’équipe kazakhe s’est bien renforcée, et Vincenzo Nibali pourra compter sur ces sérieux renforts. N’oublions pas non plus les venues de Dario Cataldo, Diego Rosa ainsi que celle du colombien Miguel Angel Lopez, vainqueur du dernier Tour de l’Avenir. La FDJ aussi s’est renforcée en montagne pour son leader Thibaut Pinot, mais a dans le même temps perdu un de ses deux sprinters phares, Nacer Bouhanni. Le sprinter vosgien rejoint la Cofidis, en compagnie de son poisson-pilote Geoffrey Soupe et de son ami Steve Chainel (qui quitte lui AG2R La Mondiale).
Nacer Bouhanni n’est toutefois pas le seul leader à changer de formation puisque Bauke Mollema a choisi de sortir de son cocon néerlandais à la Belkin (qui devient LottoNL) en rejoignant l’équipe américaine Trek, où il pourra être un peu plus libre en montagne.

La participation des grands leaders à davantage de Grands Tours ?

En octobre, le milliardaire russe Oleg Tinkov annonçait qu’il offrirait un million d’euros à Alberto Contador, Vincenzo Nibali, Chris Froome et Nairo Quintana – les quatre meilleurs coureurs de Grand Tour actuels -, à la seule condition de participer aux trois Grands Tours la même année ; une offre approuvée par Jonathan Vaughters, le manager de Garmin. Vincenzo Nibali a été le premier à annoncer son refus, mettant en avant sa vie de famille, qui serait ainsi fortement compromise. Quant aux trois autres, ils ne se sont pas officiellement prononcés sur la question, mais rien ne semble laisser penser que Contador, Froome et Quintana courront les trois Grands Tours en 2015.

Article écrit par AG2R

Quels changements entre 2014 et 2015 ?

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