L’effectif de la Radioshack Nissan est peut-être le plus fort sur le papier, mais il n’empêche pas de vivre dans la difficulté. Ce ne sont pas les points qui manquent, mais les victoires. Alors que le but premier de la compétition réside en une soif de vaincre, la formation américaine ne semble pas programmée pour cela. Après quatre mois d’existence, la situation est grave.

 

Cancellara, le champion

C’est lui, le vrai leader de Radioshack cette année. Un homme qui sait diriger ses troupes, bon un peu partout, voire excellent, mais surtout qui sait gagner. Il l’a encore prouvé cette année, en remportant coup sur coup le Montepaschi Strade Bianche et le chrono final de Tirreno-Adriatico. Les deux premières victoires de Radioshack Nissan Trek, mais surtout les deux seules à l’heure actuelle. Le suisse sait aussi perdre, bien sûr. Deuxième de Mialn-San Remo, il a signé depuis le début de l’année beaucoup de places d’honneur. Mais il gagne. Et c’est ça, le plus important.Les autres leaders, pas des vainqueurs

Les frères Schleck sont les deux autres stars de l’équipe américaine. Les luxembourgeois sont parmi les meilleurs grimpeurs et puncheurs de la planète. Respectivement âgés de 31 et 26 ans, Frank et Andy ne sont pourtant pas de grands vainqueurs. L’année dernière, l’aîné n’a gagné que trois fois. La première fois, au sommet de l’Ospedale, ce qui lui permettait de remporter un Critérium International peu relevé. Trois mois plus tard, il devenait champion du Luxembourg devant son frère et des coureurs inconnus. Cette dernière ne compte presque pas. Andy, lui, n’a gagné qu’une fois: Sur le Tour de France. Auteur d’une course hors du commun, il a remporté au sommet du Galibier une étape du Tour qui aurait pu lui permettre de glaner le général. Mais, encore une fois, il n’a pris que la deuxième place. Si on étend à toute la carrière, c’est encore plus explicite. Hors championnats nationaux, Frank Schleck n’a gagné que 13 fois en dix ans. Andy a un bilan similaire: 7 victoires en huit ans. Alors même que des coureurs comme Contador ou Evans totalisent respectivement 49 et 31 victoires. Non, définitivement, les Schleck ne sont pas nés pour gagner.

Des équipiers qui ont du mal à devenir des leaders

Chez Radioshack, ce qui saute tout de suite aux yeux, c’est l’équipe capable d’accompagner les Schleck en montagne ou sur les vallons ardennais. Par ordre alphabétique, on retrouve Jan Bakelants, Laurent Didier, Jakob Fuglsang, Linus Gerdemann, Ben Hermans, Chris Horner, Andreas Klöden, Tiago Machado, Maxime Monfort, Yaroslav Popovych, Joost Posthuma, Thomas Rohregger, Jens Voigt, Oliver Zaugg et Haimar Zubeldia. Une liste non-exhaustive. En réunissant Leopard Trek et Radioshack, la nouvelle formation a retrouvé les meilleurs éléments de chaque équipe pour avoir un effectif impressionnant, effrayant. Pourtant, lorsque les Schleck ne sont pas là, ou ne sont pas au niveau, aucun ne semble pouvoir les remplacer. Horner, Hermans et Klöden, leaders l’an dernier chez Radioshack, n’ont pourtant pas fini la saison avec des résultats exceptionnels. Fuglsang et Monfort, tous deux alignés en leaders sur la Vuelta, ont déçu et n’ont pas su s’allier. Les autres n’ont pas souvent leur chance, et on comprend pourquoi. Dès qu’ils sont nommés têtes d’affiches, déçoivent et finissent assez loin. Sur les autres terrains, les seconds couteaux ne sont pas non plus excellents. Irizar en contre-la-montre, Rast et Roulston sur les pavés, et Wagner sur…sur quoi ? n’y arrivent pas. Ils sont face à un mur, celui du cap à passer pour devenir un bon coureur, et pas un simple équipier. Un mur difficile à franchir.

Des jeunes qui tardent à se révéler

Parmi les nouveaux Radioshack, les jeunes, ceux qui ont encore leur carrière devant eux, seuls quelques-uns semblent pouvoir devenir grands. En fait, ils ne sont même que deux: Gallopin, capable de passer partout, et Sergent, excellent rouleur. Derrière, ils sont encore loin d’avoir le niveau de ces deux-là. Busche et King pour les américains, mais aussi Bennett. Ce sont presque les seuls jeunes de l’équipe. Mais aucun, cette saison, n’a encore gagné. Pas étonnant quand on voit que seul Cancellara a levé les bras cette saison.

Sprint: Element fort, élément faible

C’est finalement dans la dernière ligne droite, dans l’emballage final, que l’on trouve la plus grande densité de bons Radioshack. Ils ne sont que trois sprinteurs dans la team américaine, mais sont tous bons. Nelson Oliveira et Giacomo Nizzolo, tous deux âgés de 23 ans, ont l’avenir devant eux. S’ils sont aussi de très bons rouleurs, c’est en sprint que Radioshack a le plus besoin d’eux. Car, à part eux, ça pêche. Daniele Benatti, grand leader du sprint là-bas, vainqueur six fois en 2011 dont une étape de la Vuelta, n’a que ces deux hommes-là vraiment capables de bien l’aider dans le final. Même si ce n’est pas l’équipe la plus à plaindre en ce qui concerne les emballages massifs, son effectif n’est pas digne d’une armada.

Depuis la blessure de Cancellara, La question peut se poser: Radioshack sera-t-elle bloquée à deux victoires au retour du suisse ? C’est possible, mais peu probable étant donné le talent concentré dans cet effectif. Pourtant, après trois mois de jeûne de victoires, malgré l’envie de certains, Cancellara reste le seul à avoir gagné. Lui qui sera de retour fin mai pourrait alors apporter la troisième victoire, seulement, de l’année à Radioshack.

La vie sans Cancellara

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