Si une équipe a frappé un grand coup grâce à son recrutement pour la saison 2014, c’est bel et bien la Garmin. Entre les Tom-Jelte Slagter, les Sebastian Langeveld, les André Cardoso ou même les Lasse Hansen, un coureur n’est pas passé inaperçu : Janier Acevedo. Jusque là rien d’étonnant, l’équipe de Ryder Hesjedal voulant certainement surfer sur la hype colombienne, sachant de plus que le gonze sortant d’une très bonne saison avec l’équipe Jamis – Hagens Berman. Mais derrière cela, il y a peut-être une autre raison expliquant pourquoi l’arrivée d’Acevedo n’est pas passée inaperçue : son âge. En effet, loin de la jeune vague colombienne qui culmine aux alentours des 25 ans, le nouveau coureur de Jonathan Vaughters a 29 ans.

Ceci s’explique en grande partie par le fait que notre homme ait commencé le cyclisme très tard, à 24 ans, l’âge où tous les coureurs ont déjà 2 ou 3 ans d’expérience sur le vélo. Et pourtant, pendant cette saison (en 2009), Acevedo va rapidement montrer que son retard n’est pas du tout un handicap. En effet, évoluant en Elite-2, il s’offre la Vuelta a Costa Rica, course qui peut paraître comme peu prestigieuse certes mais qu’il remporta tout de même dès sa première année sur un vélo, avec à la clé 2 victoires d’étapes et la bagatelle de 6 podiums ! Toutefois, la sous-exposition médiatique de cette course ne lui permet pas de trouver d’équipe, et il reste toujours en Elite-2 pour la saison 2010. Durant cette saison, « JAAC » nous fait découvrir un autre de ses talents : le contre-la-montre. En effet, il gagne le TTT du Tour de Colombie (étant notamment dans l’équipe d’Henao) et se classe 14e d’une édition comportant un plateau de coureurs qui exploseront peu après (Henao, Acevedo, Cano, Rujano, Atapuma, Sevilla…). La même année, il gagne une étape sur le Tour de Guatemala (devant Henao) et se classe 10e du CLM, confirmant ses bonnes dispositions dans l’exercice.

Ses bons résultats lui offrent donc une place dans une équipe Continentale : la Gobernacion de Antioquia – Indeportes Antioquia. Equipe où il retrouve notamment Henao et le vétéran Oscar Sevilla. 2011 est aussi l’année où il découvre les courses américaines qui lui apporteront sa gloire quelques années plus tard : il gagne une étape en Utah et termine dans le top 20 de cette course et de l’US Cycling Pro Challenge. Ajoutez à cela un podium sur une étape de montagne du Tour de Colombie et vous obtiendrez un bilan plus qu’honorable pour sa première année pro, alors que notre homme a déjà 26 ans!
En 2012, Janier reste dans la même équipe où Henao est parti (laissant sa place à sa frère) mais où Cano est arrivé. Cette saison là est légèrement en dessous des 3 autres qu’il a déjà connues : aucune victoire et seulement un podium sur une étape de la Vuelta a Mexico qu’il terminera à la 6e place.

Acevedo dans ses œuvres avec le maillot de la Gobernacion de Antioquia lors d’un reportage du site hincapie.com

Arrive alors l’année 2013, l’année de ses 28 ans. Souhaitant prendre un nouveau départ, le natif de Caramanta rejoint la Jamis – Hagens Berman, qui a ses entrées sur les plus grosses courses du calendrier Américain. Et là, c’est l’explosion. Dès janvier, Janier Acevedo se révèle aux yeux des amateurs de cyclisme : sur le Tour de San Luis, si son meilleur résultat est une 5e place d’étape, il l’obtient tout de même devant Contador, VDB, TVG ou encore Nibali – excusez du peu! Quant à sa 8e place au général, il l’obtient devant Nibali, Kwiatkowski ou encore Ulissi. Pas mal pour sa première course avec un plateau si relevé… Et le nouveau coureur de la Jamis ne s’arrête pas là : il termine 5e du Tour de Gila avec une étape en prime ; 3e du prestigieux Tour de Californie avec une victoire et une deuxième place sur les étapes de montagne. Puis en fin de saison il retourne sur ses vieux amours, le Tour de l’Utah et l’US Cycling Pro Challenge. Sur cette première course il se classe 3e et sur cette dernière 4e, avec en prime une victoire d’étape devant TVG. Car à chaque course qu’il dispute, Janier termine devant des coureurs capables de jouer gros sur des GT.
Après cette saison 2013 qui l’a vu exploser, notre coureur termine vainqueur de l’UCI America Tour, à 28 ans et pour sa 3e saison au plus haut niveau. Un modèle de précocité âgée, et ce en totale contradiction avec ses compatriotes (avec lesquels il a souvent été dans la même équipe) comme Henao ou encore Quintana, certes eux aussi précoces mais à un âge relativement plus jeune.

"JAAC" à la première étape du Tour of the Gila
« JAAC » à la première étape du Tour of the Gila

Ainsi, il n’est guère étonnant de retrouver Acevedo dans une équipe WT, encore moins à la Garmin qui a l’habitude de recruter sur le circuit Américain. Toutefois, son début de saison n’est guère probant, avec pour seul résultat une 69e place sur le Tour de Catalogne. Sera-t-il capable cette saison ou dans les années à venir de bien figurer sur un GT, lui dont les capacités en montagne semblent très fortes ? C’est en tout cas le pari qu’a fait la Garmin.

 

Article écrit par Schleckpower

Janier Acevedo, l’autre chemin Colombien

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