La plupart des favoris sont passés à côté, la majorité des membres du top 10 n’était pas attendue à un tel niveau. Cette édition de l’Amstel restera comme une course indécise et promise à un outsider. Il faut dire que l’absence d’un grand favori y est pour quelque chose.

http://image.noelshack.com/fichiers/2012/16/1334611155-Gilbert_1.png Gilbert rassure

Il était fantomatique depuis le début de l’année. Sa première saison chez BMC s’annonçait très mal, et il aura fallu trouver des vallons ardennais pour le retrouver à son vrai niveau, au moins un peu. Douzième de la Flèche Brabançonne et, surtout, sixième de l’Amstel Gold Race malgré une grosse fringale dans les 200 derniers mètres, Gilbert a retrouvé des couleurs. Celles de la Belgique, qui ornent son maillot, ont été bien visibles quand il a attaqué pour reprendre Oscar Freire dans le Cauberg, attaque qui a fait taire tous les détracteurs de l’ogre des Ardennes, mais qui l’ont aussi probablement enterré.

Gasparotto, quand on ne l’attend pas

Trentenaire depuis un mois, le coureur d’Astana vient probablement de vivre le plus beau jour de sa carrière. En huit ans de professionnalisme, il avait levé les bras huit fois. Ses plus beaux faits d’armes restaient des étapes en Catalogne et sur Tirreno, ou encore son titre de champion d’Italie dès sa première saison chez les pros. Sur les Ardennaises, il n’était pas plus en réussite puisque son seul top 10 remontait à 2010, une troisième place sur cette même Amstel Gold Race. Mais, dimanche, il s’est montré très à son aise pour finir deux marches plus haut que cette année-là. Son dauphin, Jelle Vanendert, précieux lieutenant de Gilbert l’année passée, a enfin pu jouer sa carte. Et on voit le résultat.

La France s’en sort bien

AG2R, pour commencer: Romain Bardet, 21 ans, est parti dans l’échappée matinale. Rien d’étonnant jusque là, mais le français a été étincelant. Dernier rescapé de ce groupe de neuf, il a tenu en respect le peloton sur plus de 200 kilomètres, ne lâchant la tête de course qu’à neuf kilomètres de la ligne. Neuf, c’est justement la place qu’a pris son leader, Rinaldo Nocentini. L’italien, de 13 ans l’aîné de Bardet, a produit son effort dans les derniers mètres pour signer un nouveau top 10 cette année, au même titre que Thomas Voeckler. Le français, déjà huitième du Tour des Flandres, et vainqueur sans contestation de la Flèche Brabançonne est dans une dynamique très positive qui l’a vu finir cinquième à Valkenburg.

Mais où sont les espagnols ?

Loin, très loin. Si Oscar Freire (4e) et Samuel Sanchez (7e) ont sauvé l’honneur, ils sont les arbres qui cachent la forêt. Et, alors que Sanchez a obtenu sa place à la pédale, Oscar Freire aurait pu faire bien mieux s’il n’avait pas été forcé d’attaquer dans le but de préparer le terrain pour son leader. Un leader qui termine à la 24e place. Car Purito est passé totalement à côté de sa course. A 33 ans, il va falloir qu’il se dépêche pour remporter une première classique. Son coéquipier Daniel Moreno ne fait guère mieux (17e). L’échec espagnol serait presque entièrement imputable à Katusha si Valverde, leader de Movistar et favori, n’avait terminé 22e.

http://image.noelshack.com/fichiers/2012/16/1334611157-Voeckler_1.png

Pendant ce temps, les autres favoris…

Commençons par la bonne nouvelle qu’est Sagan. Ce monstre de 22 ans a confirmé tout le bien que l’on pense de lui en terminant troisième, derrière les inattendus Gasparotto et Vanendert. Mais le slovaque n’a pas pu compter sur une équipe au top, à l’image de Vincenzo Nibali, prétendant à la victoire et finalement 104e. Les frères Schleck n’ont pas marqué les esprits, même si Frank, douzième, a tenu pendant que Andy sombrait (91e). Hesjedal et Gerrans ont eux aussi fait illusion, mais le 15e et le 20e n’ont pas joué dans le final, tout comme Cunego, Gesink ou encore Boasson Hagen, passés à côté de leur rendez-vous. Evans, l’un des trois leaders de la BMC au départ, a lui abandonné. Bref, c’est une Amstel à oublier pour les favoris.

On s’attendait à faire le procès de Gilbert, à dire qu’il était fini, qu’il ne valait plus rien, et certains attendaient même ce moment avec impatience. Mais, finalement, le fait de ne plus être favori l’a délivré alors que les coureurs les plus attends ont déçu.

Amstel Gold Race: Un vainqueur inattendu

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